La formation continue dans une TPE, rêve ou réalité ?

Par , le 19/06/2015

Toutes les entreprises ne disposent pas d’un Responsable formation en son sein (ni d’un service RH d’ailleurs), c’est donc souvent la responsabilité du Dirigeant d’entreprise, du service comptable ou administratif de répondre aux besoins des salariés. Isabelle Humbert Billard, Directrice Administrative de la société PROTECHNIQUE (60) qui distribue des équipements de protection individuels auprès d’entreprises privées et publiques depuis plus de 15 années répond à la question : « Est-ce possible de réaliser de la formation au sein d’une TPE ? ». A ce jour, 2 salariés se relaient pour réaliser un chiffre d’affaires de 600 000 € par an.

Pouvez-vous nous expliquer quelle est la place de la formation continue au sein de votre entreprise ?

Isabelle Humbert Billard - La formation continue n’a que très peu de place dans notre société, en effet, elle est surtout réalisée en interne (formation produits par exemple). Nos distributeurs se déplacent et nous forment (informent) sur l’utilisation ou la technicité de leurs nouveautés. L’expérience du dirigeant est aujourd’hui la seule vraie formation au quotidien.

Avez-vous des besoins identifiés aujourd’hui ? Si oui, pourquoi ne pouvez-vous pas les satisfaire ? (financement, manque de temps, thématique spécifique .. ?)

Isabelle Humbert Billard - Dans notre entreprise, le besoin de formation ne se ressent pas sur les produits ou services mais plutôt sur la partie gestion financière et connaissances légales notamment. A ce jour, le manque de temps est une des raisons principales qui nous pousse à ne pas nous projeter sur des demandes de formation.  En effet, avec 2 personnes salariées à des postes très différents, lorsqu’une n’est pas présente, l’entreprise tourne au ralenti et son travail reste à faire jusqu’à son retour.

Avez-vous connaissance de la réforme engagée depuis mars 2014 sur la formation professionnelle continue ? Par exemple, la diminution des cotisations versées à votre OPCA ou encore la nécessité de faire le choix de formations certifiantes ou qualifiantes afin qu’elles entrent dans le champ de la prise en charge ?

Isabelle Humbert Billard - Cette réforme est intéressante pour les entreprises avec un certain volume de salariés, mais ne changera pas notre peu de disponibilité pour réaliser de la formation. Nous n’avons reçu aucune information sur la réforme de la part de notre conseiller au sein de notre OPCA. A notre niveau je pense que les TPE ne se sentent pas du tout concernée. A moins que les centres de formation se mettent à travailler le weekend ou en soirée, je ne vois pas comment nous pourrions accéder à de la formation.  Et l'e-learning n’est pas une option qui m’intéresse.

Au regard de votre précédente expérience professionnelle (avant la reprise de l’entreprise familiale), avez-vous bénéficié d’une formation ? Si oui, avez-vous été force de proposition ou est-ce une autre personne  qui vous a proposé de suivre une formation ? Expliquez-nous le contexte, le besoin identifié et la mise en œuvre au retour de la formation.

Isabelle Humbert Billard - Cela fait maintenant 15 ans que je travaille. J’ai notamment exercé dans des services d’import-export de marchandises. J’ai uniquement bénéficié d’une formation suite à un changement de logiciel dans une précédente entreprise. Encore une fois, plus la structure est petite, moins il est possible de partir en formation. Souvent, lorsqu’il est impératif de mettre à jour des connaissances, l’information se fait directement dans nos bureaux.

Selon vous, comment les TPE pourraient au mieux bénéficier de la formation continue pour ses salariés ? Solutions envisagées, imaginées ?

Isabelle Humbert Billard - Des rendez-vous réguliers avec un conseiller serait déjà un premier pas vers l’identification des besoins, cela est primordial pour que cette formation soit autant profitable à la TPE qu’au salarié. Il « forcerait » les collaborateurs à y réfléchir. L’aspect coût reste aussi une grosse question. Il faudrait développer de la formation hors temps de travail ou sur des horaires décalés. Des fiches pratiques pourraient faire office de « formation » dans la mesure où elles répondent à un besoin pratique de l’entreprise. Avec la possibilité de joindre un formateur au téléphone par exemple en cas de questions.

Pour votre entreprise aujourd’hui, quelles sont les 5 priorités de l’année 2015 ?

Isabelle Humbert Billard - Dans un contexte difficile où chaque marché doit être géré comme un grand compte, les priorités sont majoritairement commerciales. Je dirai en premier lieu, continuer de servir au mieux nos clients actuels et les fidéliser dans le temps. Poursuivre le développement de notre portefeuille clients en répondant à de nouveaux appels d’offre notamment. Concrétiser l’embauche d’un nouveau salarié pour nous soulager de la partie manutention.

Formations sur le même sujet :