La surveillance des salariés par logiciel très encadrée

Par , le 09/05/2013

La Cnil vient de rappeler le caractère illicite des keylogger dans les entreprises. Ces petits logiciels installés sur les ordinateurs des salariés permettent d’enregistrer l’intégralité de l’activité de chaque poste, constituant une atteinte au droit de chaque travailleur.

Les keylogger, pour surveiller chaque poste de travail

surveillance_travailleLes keyloggers se sont progressivement répandus dans l’entreprise et pourtant, leur utilisation n’est aujourd’hui autorisée que dans un cadre professionnel bien défini. À ce titre, les plaintes des salariés à l’encontre des employeurs sont devenues de plus en plus fréquentes auprès de la Cnil.

Ces petits logiciels sont implantés souvent à l’insu des salariés, sur leur poste de travail. Se lançant avec chaque début de session sans afficher de message d’information, ils enregistrent les activités de chaque ordinateur, mais également les mots de passe, les e-mails ou encore les numéros de carte bancaires utilisés pour des achats en ligne par les salariés, à titre privé. Les données peuvent alors être stockées ou envoyées directement à la personne ayant procédé à l’installation, notamment via des rapports précis, par exemple liés à l’emploi d’un mot spécifique.

Des exceptions à l’utilisation de logiciels espions

Ces logiciels enregistrent donc non seulement les informations liées à l’entreprise, mais également les éléments informatiques concernant les activités personnelles du fait de l’utilisation du poste de travail à titre privé, sur le temps résiduel ou pendant les moments de pause. L’influence sur la liberté des salariés est alors réelle, ce que dénonce la Cnil auprès des services deressources humaines.

Ces logiciels de surveillance sont toutefois autorisés suivant la société, si elle a des impératifs importants de sécurité. Ils sont notamment reconnus comme parfaitement légaux dans des secteurs sensibles, pour garantir la non-divulgation des secrets industriels.

Dans les autres cas, les employeurs peuvent simplement fixer des limites d’utilisation de l’outil informatique qui peuvent intégrer un filtrage des sites admis à la consultation, ou encore l’interdiction d’installer des logiciels sur le poste de travail.