Les facs à l’assaut de la formation continue

Par , le 08/06/2017

Si elles ne détiennent encore que 3% du marché de la formation continue, les Universités françaises se sont données en 2016 quatre ans pour multiplier par quatre leur chiffre d’affaire dans ce secteur. De 400 millions d’euros, elles devraient ainsi passer à 1,5 milliards à l’horizon 2020.

Si les universités ont encore du mal à s’imposer sur le marché de la formation continue, beaucoup sont aujourd’hui décidées à s’attaquer à ce marché porteur et lucratif.  

Pour relever défi, le CNAM et douze universités ont ainsi été retenues par le Ministère pour devenir des établissements pilotes. Ils ont été en cela rejoints au début de l’année par huit nouvelles. Parmi eux : 

  • l’université d’Angers
  • l’université de Bretagne occidentale
  • la COMUE Paris Sciences et Lettres
  • l’université de Cergy-Pontoise
  • l’association Toulouse Tech (INP Toulouse, Insa Toulouse, ENI Tarbes)
  • l’université de Strasbourg
  • la COMUE Sorbonne Universités
  • l’université de La Rochelle
  • l’UPEC (université Paris-Est-Créteil) et l’UPEM (université Paris-Est-Marne-la-Vallée)
  • l’université de Picardie-Jules-Verne
  • la COMUE Université Côte-d’Azur
  • la COMUE Université de Lyon
  • la COMUE Université de Bourgogne-Franche-Comté
  • l'université de Guyane
  • l'université de Lorraine
  • l'université Paris-Lumière
  • Normandie Université
  • l'université fédérale de Toulouse-Midi-Pyrénées
  • l'université Bordeaux-Montaigne
  • l'université de La Réunion.

Aux avant poste de ce combat : le CNAM bien-sûr (qui génère à lui seul 90 millions d’euros de chiffre d’affaire en formation continue), mais aussi les universités de Strasbourg, Cergy-Pontoise et Dauphine… 

Les axes de progrès

Si elles arrivent encore loin derrière les écoles de commerce qui peuvent dégager jusqu’à 20 millions d’euros de chiffre d’affaire dans cette branche de leur activité, les universités françaises ne manquent pas d’atout dans leur jeu et sont bien décidé à en user. 

Il leur faudra pour cela assurer leur propre promotion  via le marketing, la publicité et la communication. Le recrutement de nouveaux professeurs ayant des compétences professionnelles est également essentiel. Selon François Germinet, président de l’université de Cergy-Pontoise et auteur du rapport sur le développement de la formation continue dans les universités, il faudrait idéalement combiner un quart d’enseignants-chercheurs, un quart d’enseignants et 50 % de professionnels. « Les universités françaises devraient aussi faire preuve de plus de réalisme financier et répercuter l’ensemble des coûts induits par la formation comme le coût de la location de la salle ». Elles devraient enfin nouer des liens plus ténus avec les entreprises.

Dans cet optique, chaque université s’est lancé un défi : Pour l’Université d’Angers, c’était par exemple la structuration d’une nouvelle offre de formation diplômante sur le Big Data en partenariat avec Syntec Numérique ; l’idée étant de répondre à l'émergence de nouveaux métiers pluridisciplinaires (dans la banque, les assurances, la santé, le tourisme…) qui ont un besoin important en formation. 

Pour aller plus loin :

Quand l’Université s’attaque à la discrimination en entreprise

MOOC Former et développer les compétences

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