Les relations entre le responsable formation et les institutions représentatives du personnel

Par , le 21/01/2016

Avec la réforme du 5 mars 2014 sur la formation professionnelle, le responsable formation s’est vu attribuer un nouveau rôle, celui de contributeur à la stratégie de l’entreprise. En effet, il possède un rôle clé et transverse. Ses relations avec les institutions représentatives du personnel vont peu à peu changer.

Mieux comprendre les attributions des IRP pour mieux collaborer

iStock_000007699303XSmallD'un côté, la fonction motrice du responsable formation se rapporte à l'accompagnement des salariés et à l'amélioration de leurs compétences au sein de l'entreprise. Pour des soucis de maintien de la compétitivité et du savoir-faire de l'entreprise, le responsable formation occupe une place primordiale.

De l'autre côté, les représentants du personnel possèdent l'ensemble des fonctions représentatives du personnel au sein de l'entreprise. Ces derniers sont les plus proches des salariés. Ils ont pour but de faciliter le lien entre l'employeur et l'employé.

Les deux parties doivent pouvoir travailler ensemble pour améliorer la stratégie de l'entreprise et la rendre la plus efficace possible.

Il appartient donc au responsable formation d'entretenir des bonnes relations pour une collaboration optimum.

Les relations de travail, particulièrement délicates à gérer, s'inscrivent dans un cadre légal bien précis qui a d'ailleurs récemment été revisité par la Loi Rebsamen. L'objectif étant de résoudre au mieux les questions liées au fonctionnement quotidien des institutions représentatives du personnel au sein de l'entreprise.

Entretenir de bonnes relations avec les représentants du personnel se travaille au quotidien. Il appartient au responsable formation d'anticiper les conflits au moyen d'indicateurs efficaces.

Attention : même lorsque les relations de compliquent et qu'un conflit social éclate, il y a toujours une ligne de conduite à tenir et un comportement à adopter pour se sortir au mieux de cette situation difficile.

Agir efficacement avec les IRP au quotidien

Les représentants du personnel et le responsable formation doivent mener une négociation constructive notamment dans le cadre du recensement des besoins en formation. Le responsable formation doit avoir en tête que les représentants du personnel sont l'équipe qui va représenter les salariés.

Il convient donc de travailler en bonne intelligence avec les représentants du personnel.

De plus, le plan de formation doit être vendu auprès de tous les acteurs de l'entreprise, comme un véritable atout. Ce sera donc grâce à ce marketing que l'ensemble des salariés se sentiront concernés et deviendront pas la même occasion demandeurs et autonomes. De plus, ces derniers auront une meilleure connaissance des formations d'une manière générale et de la procédure qui s'y rattache.

Pour cela, le responsable formation doit impérativement se faire aider par les IRP car ces derniers sont une force.

L'objectif étant d'articuler le dialogue social et la communication sociale.

Relation responsable formation et représentants du personnel : une nouvelle ère

Dans la pratique, le responsable formation peut directement faire appel aux représentants du personnel pour l'aider dans le recensement des besoins en formation auprès des salariés. C'est d'ailleurs ce qui se passe dans de nombreuses entreprises.

Par ailleurs, le plan de formation est une obligation légale. Il doit d'ailleurs être présenté au comité d'entreprise.

Néanmoins, avec la loi Rebsamen du 17 août 2015, tout va changer ! En effet, la politique de formation est présentée aux représentants du personnel en lien étroit avec la stratégie de l'entreprise.

Concernant la collaboration entre les deux grands acteurs, la loi Rebsamen revisite entièrement leur façon de travailler. Le recentrage des obligations de l'entreprise (consultation du comité d'entreprise et négociation obligatoire) suppose un plus fort niveau d'investissement, tant en temps qu'en expertise.

De plus, le rôle du responsable n'est plus totalement le même. En effet, il n'est plus le porte-parole pour présenter la stratégie aux représentants du personnel dans la mesure où l'accompagnement du développement des compétences se fond au milieu d'autres sujets.

Par ailleurs, il est à noter que les rendez-vous avec les représentants du personnel seront moins nombreux mais plus stratégiques. L'implication de ces derniers sera donc totale.

Le virage est pris en faveur d'une professionnalisation de la fonction de représentants du personnel. Et ce, d'autant plus que les entreprises de 50 à 300 salariés fusionnent les instances de délégués du personnel, de comité d'entreprise et de CHSCT.

En conclusion, l'objectif posé par la loi Rebsamen est de rationaliser le dialogue social, et cela passe par le changement de relation entre les deux grands acteurs. Si l'allègement en terme de moyens est clairement lisible, il serait erroné de penser qu'il s'agit d'une simplification. Pour les représentants de l'entreprise comme pour les représentants du personnel, le fait de centrer les échanges à venir sur la stratégie nécessite un fort investissement.

L'entreprise doit faire preuve de la cohérence de ses choix. Les représentants du personnel, eux, doivent démontrer leur capacité à influer avec pertinence sur ces derniers. La liberté de s'organiser à sa guise peut laisser place à un sentiment d'insécurité s'il n'est pas sous-tendu par des décisions affirmées.

Pour la fonction formation, le système posé par la loi Rebsamen d'un côté et la loi du 5 mars 2014 de l'autre peut être appréhendé de deux manières :

  • comme un risque de voir disparaître le service formation s'il reste cantonné à des missions d'administration et de gestion, ou 
  • comme l'opportunité d'être un véritable levier au service du développement de compétences de l'entreprise. 

Dans la pratique, les relations entre le responsable formation et les représentants du personnel va-t-elle changer radicalement ? Affaire à suivre…

Catégories de l'article :

Formations sur le même sujet :