Mener un audit formation dans un contexte de réformes successives : où en est‐on aujourd’hui ?

Par , le 07/07/2017

Différentes réformes sont venues bouleverser les pratiques du Responsable formation. La dernière en date étant la loi de 2014. Les points significatifs de cette réforme étant l’instauration du CPF (Compte personnel de Formation), l’entretien professionnel et la suppression de l’obligation fiscale. Trois après, où en est-on ? Pour optimiser ses pratiques et son retour sur investissement, l’audit formation permet de remettre en cause ses pratiques pour d’autant mieux répondre aux besoins en compétences de l’organisation.

Comprendre la place de l’audit formation dans le contexte actuel

shutterstock_182853851Pour comprendre dans un contexte socio-économique en évolution permanente, la place de l’audit formation, il convient de comprendre l’environnement dans lequel l’entreprise elle même évolue. C’est dans cet environnement en perpétuel changement que l’audit formation trouve sa place. L’audit formation vient accompagner le développement en compétences de l’entreprise. Les compétences doivent être actualisées dans un environnement qui bouge et c’est dans ce cadre que se met en oeuvre la logique formation. Il est donc dans le même temps nécessaire de professionnaliser ce champ, pour pouvoir satisfaire à ces logiques de développement des compétences. L’audit formation permet donc d’identifier comment optimiser ses pratiques formation et quelles modalités mettre en oeuvre ? Il permet de comprendre que former c’est tenir compte des différentes pratiques existantes. C’est identifier les formations traditionnelles : en présentiel ou à distance. Dans un environnement où le travail collaboratif évolue, c’est d’identifier dans l’entreprise les communautés de pratiques et l’auto-formation, comme d’autres leviers de formation. L’audit, c’est aussi contrôler sa logique financière pour mieux développer ses actions dans un souci de retour sur investissement. C’est une logique financière alliée à une logique d’efficacité de l’action formation, que l’audit formation met en jeu.

Dans une logique d’individualisation et d’industrialisation de la formation, quelles pratiques formations auditer ?

Dans une logique financière, il est intéressant de mesurer les pratiques mises en oeuvre par les entreprises pour optimiser ses achats formation. Sur cet aspect, certaines entreprises ont recours à des centres de service partagé dans une logique soit de spécification de l’achat formation, soit d’externalisation de ses pratiques formation avec pour finalité commune la réduction de la dépense formation. Dans une logique d’efficacité et pour mesurer le retour sur investissement, l’audit formation doit permettre de diagnostiquer la pertinence des actions formations menées. Pour aller plus loin, elle doit permettre de mesurer si le salarié se rend acteur de son parcours, en faisant collaborer la ligne managériale. Cela quand le projet est en adéquation avec les besoins de l’entreprise. Mais dans un environnement en perpétuel changement, il convient de repenser les modes d’apprentissages traditionnelles. Ils s’articulent nécessairement avec les différents champs de la gestion ressources humaines, pour d’autant mieux gérer les parcours professionnels. C’est à cette condition que la sécurisation des parcours professionnels, dans l’esprit défini par le législateur, est possible.

Auditer, c’est aussi s’appuyer sur un référentiel défini pour diagnostiquer les éléments permettant de rendre performante la pratique formation. Le référentiel ISO 9001V2015 sur le plan normatif exige que l’entreprise démontre de sa bonne gestion des compétences. La clé de l’analyse de ses pratiques formations réside alors dans les outils de contrôle budgétaire pour mesurer l’efficacité de l’action formation. Elle réside également dans l’analyse des leviers politique de développement du capital humain. C’est la mise en perspective de ces différents éléments de diagnostic –quantitatif et qualitatif- qui permet alors d’optimiser efficacement les pratiques auditer.

L’audit formation, où en est-on aujourd’hui ?

Il est à noter que si certaines entreprises font le choix stratégique de mobiliser le CPF des collaborateurs. Elles saisissent ainsi l’opportunité de l’abondement CPF réalisés par certains OPCA. Dans les faits, le budget formation n’a été que très sensiblement impacté par la réforme de 2014. En effet, si le législateur a fait le choix de faire disparaitre l’obligation fiscale, l’obligation légale de former est renforcer et l’investissement formation n’en est donc pas moins impacté. Ce qui change : les fonds à mobiliser pour optimiser son budget et la logique d’individualisation des parcours qui est renforcée. Le responsable formation devient un acheteur efficient et un juriste efficace sachant mutualiser les fonds pour contribuer à la sécurisation des parcours individuels de ses collaborateurs. Le contexte politique actuel, ne laissera pas en reste le champ de la formation professionnelle continue, avec pour fer de lance le Compte Personnel d’Activité et l’individualisation des fonds formation. Ces nouvelles orientations chambouleront encore les pratiques du Responsable Formation, en l’amenant d’autant plus à optimiser son budget. Le salarié quant à lui voulant évoluer dans ou en dehors de l’entreprise, ne peut plus exclure l’investissement individuel, à l’image de ce qui se pratique au sein de nos pays voisins européens. C’est cette coresponsabilité qui est en jeu et qui constitue l’un des enjeux principaux de la formation professionnelle continue.

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