Quand le serious game lutte contre les discriminations

Par , le 10/11/2016

Nous vous l’annoncions il y a quelques mois. Une formation à la non-discrimination devrait bientôt être exigée pour toutes les personnes chargées du recrutement au sein des entreprises françaises de plus de 50 salariés.
Devançant cette loi, le CNAM des Pays de Loire a sorti en janvier 2015 un serious game (jeux sérieux) sur ce thème qui représente un moyen original pour faire comprendre le problème de l’intérieur.

shutterstock_210974194Car on ne comprend jamais mieux un problème que lorsque l’on y est soi-même confronté, le serious game se révèle parfaitement adapté pour traiter la question des discriminations.

Fort de cette conviction le Conservatoire national des arts et métiers des Pays de Loire a développé une série de jeux sérieux sur cette problématique.

Après le handicap, puis la coopération intergénérationnelle en entreprise, le CNAM a choisi pour son troisième opus l’égalité femmes-hommes.

L’idée est ici de « faire évoluer les pratiques et comportements des cadres dirigeants, des managers, comme de leurs collaborateurs », explique François Calvez, directeur du pôle Tice au Cnam Pays de la Loire dans la plaquette de présentation du projet.

Pour cela les participants deviennent les héros ou les héroïnes d’une histoire dans laquelle trois missions leur sont confiées. Trois missions qui leur permettent d’aborder trois aspects de la mixité :

  • l’intérêt de la mixité au travail pour la performance des organisations ;
  • l’accès des femmes à des postes à responsabilités ;
  • l’équilibre entre vie professionnelle et personnelle pour tous.

Dotés d’un super-pouvoir qui leur permet de voir et d’entendre leurs collèges, sans être vu, ni entendu, les participants sont placés en situation d’agir et de faire des choix en endossant des rôles différents.

 

Immersion et discussion au programme

Destiné aux chefs d’entreprises, directeur et directrice RH, manager(e)s, salarié(e)s et représentants du personnel, l’atelier a été conçu en trois étapes.

Un temps est prévu en amont pour bien adapter la formation au contexte de l’entreprise et cadrer les besoins.

La formation collective proprement dite dure une journée. Les participants s’immergent dans le jeu individuellement ou en binôme puis partagent leur ressentis avec le reste du groupe.

Un travail de réflexion est ensuite engagé en petits groupes, puis un nouveau temps d’échange est prévu. La mise en perspective théorique par l’animateur intervient alors pour donner aux apprenant les éléments d’informations nécessaires pour mieux cerner les contours du problème. La journée se termine par un débriething collectif destiné à étudier l’application qui pourra ensuite en être fait dans leur entreprise respective.

 

Sensibiliser avant d’enseigner

Animé par un sociologue, un psychologue du travail ou un expert RH, le serious game n’a pas ici vocation à présenter tous les contours législatifs et réglementaires du problème. Son objectif est ailleurs : sensibiliser les joueurs aux retentissement des discriminations sur la salariée qui en est victime comme pour l’entreprise qui au final en pâtit.

En expérimentant d’autres points de vue, le participant comprend mieux la nécessité de changer les choses, et devient de ce fait plus motivé pour rechercher puis appliquer de vraies solutions. C’est du moins le pari de ce nouveau support apprécié des salariés et de plus en plus pris au « sérieux » par les DRH. 

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