Responsable de formation : quels déterminants de la stratégie de digitalisation des dispositifs de formation ?

Par , le 15/05/2015

Les nouvelles technologies d’apprentissage en ligne ouvrent un vaste champ aux innovations en matière d’approche pédagogique. Au risque d’apparaître comme un « plus » gadget, la digitalisation des parcours et contenus de formation doit pourtant s’inscrire dans une stratégie globale d’évolution des dispositifs de formation.

Actualité : Responsable de formation : quels déterminants de la stratégie de digitalisation des dispositifs de formation ?

Un préalable à la détermination des modalités d’apprentissage à distance : penser globalement le dispositif de formation dans ses objectifs

Le numérique permet de répondre à l’enjeu de transformation digitale des métiers et activités, et sur le champ particulier de la formation, à celui de former en masse notamment. Pour autant, son déploiement et sa substitution à des dispositifs de formation en présentiel doivent s’inscrire dans une stratégie pédagogique mûrement réfléchie, elle-même articulée avec la stratégie globale de l’entreprise en matière de digitalisation.

La banque, l’assurance, les télécoms ou encore le commerce et la distribution sont fortement impactés par la transformation digitale des métiers et des activités. Dans ces secteurs, l’alignement de la politique de formation sur la stratégie globale de l’entreprise par l’introduction du digital dans les approches pédagogiques prend tout son sens.

Transformer les dispositifs actuels de formation en digitalisant une partie substantielle des contenus implique toutefois de répondre au préalable à 2 questions :

  • Quelles sont les finalités du dispositif de formation : en quels termes se déclinent les objectifs de formation (« être capable de ») ? Quelles sont les connaissances, savoir-faire et savoir-être à maîtriser à l’issue de la formation ? Comment l’entreprise souhaite-t-elle évaluer et reconnaître les compétences acquises ?

Le dispositif de formation répond – il à une obligation de formation pour laquelle le référentiel s’inscrit dans un cadre réglementaire (exemple de la formation obligatoire des conducteurs – FCO – dans le secteur des transports routiers de marchandises et de voyageurs) ? La formation a-t-elle une visée certifiante, diplômante ou vise-t-elle uniquement le développement personnel, l’acquisition d’un socle de connaissances ou des approfondissements techniques ?

  • Quels sont les publics visés par la formation et comment les catégoriser ? Plus que l’âge ou encore la catégorie socio-professionnelle, l’exposition des salariés au digital dans l’exercice de leur activité au quotidien est certainement un critère plus discriminant dans le choix des approches pédagogiques et des scénarios d’apprentissage.

Intégrer les contraintes associées au déploiement d’un dispositif de formation « en ligne »

La stratégie de digitalisation des dispositifs de formation doit se construire en tenant compte également de trois types de contraintes : budgétaires, techniques et organisationnelles.

La construction d’un dispositif de formation « en ligne » nécessite un investissement initial important lié aux coûts de conception des ressources pédagogiques de toute nature (vidéos, simulations, jeux sérieux…). Deux facteurs clés de réussite d’un dispositif de formation « en ligne » peuvent être par ailleurs identifiés :

  • un tutorat effectif qui vienne compenser l’absence de formation en présentiel et limiter le risque de décrochage ou d’abandon,
  • une animation du dispositif qui vienne entretenir la motivation des apprenants à aller au terme de leur parcours d’apprentissage.

Cet accompagnement global, qu’il soit assuré en interne (service formation, formateurs internes…) ou en externe par l’intermédiaire d’un prestataire, implique des coûts à intégrer dans le budget global de tout projet de dispositif de formation « en ligne ».

A l’approche considérant comme générale la volonté des collaborateurs de se former quand ils veulent, où ils veulent, avec l’équipement informatique de leur choix, s’oppose le principe de réalité. Lorsque les séquences de formation « en ligne » sont envisagées hors temps de travail, le collaborateur a-t-il la possibilité technique d’accéder au dispositif en ligne hors de son lieu de travail (ordinateur personnel, connexion internet…), sans préjuger de sa motivation à se connecter au – delà de ses horaires habituels de travail ? Si les séquences de formation « en ligne » sont organisées sur le lieu de travail, l’entreprise dispose-t-elle de salles équipées de postes informatiques en nombre, en relation avec le bénéfice attendu de dispositifs à distance, à savoir « former en masse » ?

Enfin, les ressources et compétences en interne de l’entreprise, notamment au sein des entités formation (service formation, centre de formation interne) sont-elles alignées sur la politique de digitalisation des dispositifs ? L’hybridation des dispositifs de formation (présentiel / à distance) implique pour les formateurs d’adopter une posture différente, caractérisée par la transformation des modes de relations avec les apprenants. La réussite de cette démarche pourra nécessiter un accompagnement au changement des formateurs dans certains environnements où la culture professionnelle est forte.