Une priorité pour les Français : la formation des chômeurs

Par , le 06/05/2013

Selon un récent sondage, les Français plébiscitent les formations dédiées aux demandeurs d’emploi. Si cette demande va dans le sens des orientations actuellement envisagées par les partenaires sociaux, elle est, en revanche, en contradiction avec la répartition de ces dernières années qui mettait davantage en avant la formation des salariés.

Une politique de formation à revoir

Les français font la queue pour se formerTandis que le débat devrait être au cœur des discussions ces prochains mois, les Français affichent un avis bien défini sur la formation professionnelle, avec un constat sans concession. Ainsi, selon un récent sondage réalisé par Acteurs publics et Ernst & Young, ils sont aujourd’hui 76 % à juger inefficace la politique de formation menée jusqu'à maintenant.

Le premier reproche concerne le public bénéficiant de ces apprentissages. Deux catégories professionnelles sont notamment mises en avant par les personnes interrogées comme devant faire l’objet des principaux efforts de formation : les demandeurs d’emploi et les jeunes sans qualification.

Si cet avis va dans le sens de l’orientation souhaitée par le gouvernement en vue de la prochaine réforme de la formation professionnelle, il est en revanche en opposition avec les chiffres de ces dernières années. Par exemple, en 2010, les formations professionnelles ont principalement bénéficié aux salariés (62 %) puis aux jeunes (25 %), loin devant les chômeurs (12 %).

Une nouvelle vision de la formation professionnelle

L’idée de la formation comme outil de compétitivité des entreprises ne rencontre donc que peu d’échos auprès de l’opinion, au profit d’une volonté unique : la reprise du marché du travail. Ainsi, ces apprentissages sont de plus en plus vus comme une solution d’insertion plus que comme un moyen de développement professionnel.

De la même façon, 79 % des personnes interrogées estiment que les dispositifs de formation existants ne répondent pas aux besoins du marché du travail actuel.

L’entreprise pour mettre en œuvre la politique de formation

Paradoxalement, c’est à l’entreprise que les sondés accordent leur confiance pour mener à bien la politique de formation, devant l’Afpa et les régions, pourtant vouées à devenir les prochains acteurs forts de la formation professionnelle.

L’organisme Pôle Emploi, quant à lui, ne recueille que 7 % des avis, affichant un manque de confiance notable.

Rendez-vous est donc désormais pris à la fin de l’année pour voir si les solutions retenues pour réformer la formation iront dans le sens des Français.